Appropriation artistique de l'univers de Tintin : entre démarche créative revendiquée et contrefaçon

Tintinimaginatio (anciennement Moulinsart), chargée de la gestion des droits d’auteur d’Hergé sur l’univers de Tintin, a assigné en contrefaçon un artiste plasticien et une galerie.

Il leur était reproché d’avoir commercialisé des sculptures reproduisant le buste de Tintin et la fusée rouge et blanche.

L’artiste se prévalait d'une démarche artistique inspirée du pop art, présentée comme un hommage à Tintin ou comme une parodie.

𝐏𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐮𝐫 – 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐟𝐚𝐜̧𝐨𝐧 𝐜𝐚𝐫𝐚𝐜𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐬𝐞́𝐞

➡️ Tintin et la fusée sont protégés par le droit d'auteur.

➡️ Malgré l'apport artistique personnel de l'artiste (habillages colorés, marouflage), les sculptures reprennent de manière identifiable les traits distinctifs de l'univers de Tintin.

La liberté de création invoquée est écartée :

➡️ Si le droit d'auteur n'a pas vocation à brider la créativité artistique, la liberté d'expression ne peut légitimer une appropriation parasitaire tirant profit de la notoriété d'une œuvre iconique et du travail créatif de son auteur.

Idem pour l’exception de parodie :

➡️ Par principe, une œuvre divulguée peut faire l’objet d’une parodie, sous réserve du respect de conditions strictes.

➡️ Les sculptures relèvent d’une réinterprétation artistique de l’univers de Tintin, sans détournement critique ou humoristique de l’œuvre originale, ce qui exclut la qualification de parodie.

𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐬

L’univers de Tintin, à l'origine de nombreuses créations artistiques, est régulièrement source de contentieux.

➡️ Il est vivement recommandé d'obtenir l'autorisation des titulaires de droits avant toute réutilisation créative d'une œuvre protégée, même lorsque la démarche artistique est revendiquée comme un hommage.

➡️ En cas de parodie, cette autorisation n'est pas nécessaire, sous réserve que les conditions strictes de cette exception soient réunies — conditions appréciées avec rigueur par les juges.

Deux précisions intéressantes ressortent de cette décision :

▶️ La parodie s'apprécie exclusivement au regard des oeuvres incriminées.

Ici l'artiste se prévalait d'une sculpture distincte représentant Tintin avec une moustache hitlérienne pour invoquer une démarche parodique globale. Cet argument est écarté : seule l'analyse des œuvres effectivement poursuivies est pertinente.

▶️ La parodie s’apprécie objectivement, indépendamment de l’intention revendiquée par l’artiste.

Réflexion finale :

Qualifier une œuvre d’humoristique ou de satirique repose sur une appréciation intrinsèquement subjective. Or, il n'appartient pas aux juges de déterminer ce qui serait « drôle » ou provocant — ils doivent pourtant trancher cette question.

Se prévaloir de l'exception de parodie peut parfois présenter un risque et un certain aléa.


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